La performance énergétique d’un logement n’est plus un détail technique réservé aux spécialistes. En 2026, elle conditionne la possibilité de louer, la valeur de revente et les marges de négociation. Comprendre ces enjeux avant de vendre ou d’acheter est devenu aussi fondamental que de connaître le prix au mètre carré du quartier.
Des passoires thermiques sous pression réglementaire
Au 1er janvier 2025, la France comptait 3,9 millions de résidences principales classées F ou G au DPE, soit environ 12,7 % du parc. Depuis cette même date, les logements classés G ne peuvent plus faire l’objet d’un nouveau contrat de location nue à usage de résidence principale. L’interdiction s’étendra aux F en 2028, puis aux E en 2034. Pour les bailleurs, la question n’est donc plus de savoir si cette échéance les concerne, mais quand.
Un point mérite d’être signalé : le recalibrage de la méthode de calcul du DPE, intervenu entre 2024 et 2025, a fait sortir environ 850 000 logements du statut de passoire thermique, sans aucun travaux réalisés. Ce changement de classe sur le papier ne doit pas être confondu avec une amélioration réelle de la performance du bâtiment. Un propriétaire dont le bien a changé de classe sans travaux a tout intérêt à vérifier la fiabilité de son diagnostic avant toute transaction.
Pour les vendeurs de maisons individuelles classées F ou G en monopropriété, un audit énergétique est obligatoire avant la mise en vente. Ce document, plus précis qu’un DPE classique, présente des scénarios de travaux concrets. C’est souvent la première fois que le propriétaire prend conscience de l’ampleur des chantiers à prévoir, et donc de l’impact potentiel sur le prix de négociation. Le sujet de la rénovation énergétique est d’ailleurs au cœur du modèle développé par Homji, un acteur d’accompagnement à la vente qui a fait le choix de proposer ses services sans commission, pour conseiller vendeurs et acquéreurs sans conflit d’intérêt sur ces questions complexes.
Rénover avant de vendre : un calcul à faire sérieusement
Selon plusieurs études, une rénovation énergétique bien conduite peut augmenter la valeur d’un bien de 4 % à 10 %. Ce concept de « valeur verte » est d’autant plus tangible que l’acheteur intègre désormais systématiquement le coût des travaux futurs dans son offre lorsqu’il acquiert un logement énergivore. La décote mécanique sur les biens classés F ou G est réelle, même si son ampleur varie selon la localisation, le type de bien et l’état du marché local.
Du côté des aides, MaPrimeRénov’ reste le principal dispositif public. Le bilan 2025 de l’Anah révèle un paradoxe instructif : le montant moyen des aides a progressé de 16 % par rapport à 2024, mais le nombre de logements rénovés a reculé de 11 %, passant de 340 801 à 307 731. Cette évolution s’explique par la montée en puissance des rénovations d’ampleur, plus coûteuses et plus aidées, au détriment des gestes isolés. L’aide est calculée selon les revenus du foyer et le gain écologique permis par les travaux. Les montants évoluant chaque année, mieux vaut passer par le simulateur officiel France Rénov’ pour toute estimation personnalisée. À noter également que le recours à un artisan certifié RGE reste une condition pour bénéficier des aides, et les délais de disponibilité de ces professionnels constituent un point de friction fréquemment signalé.
Ce que cela change concrètement pour un projet d’achat ou de vente
Pour un acquéreur, acheter un bien mal classé sans avoir chiffré les travaux représente un risque patrimonial sérieux. Pour un vendeur, négliger le DPE de son bien, c’est s’exposer à une négociation défavorable ou à un délai de vente allongé. Dans les deux cas, s’entourer d’un conseil neutre, capable d’aborder franchement les implications de la performance énergétique sur la transaction, fait une vraie différence.
La rénovation énergétique s’est imposée comme un critère structurant du marché immobilier français, au même titre que l’emplacement ou la surface. Les propriétaires qui anticipent ces enjeux plutôt que de les subir au moment de la transaction sont généralement mieux placés pour vendre dans de bonnes conditions.

