Quitter un crédit en tant que co-emprunteur : quelles solutions ?

Oubliez la logique du « chacun pour soi » : en matière de crédit, s’engager à deux, c’est accepter un pacte fort, qui rassure la banque mais lie aussi les deux parties, parfois plus solidement qu’on ne l’imagine. Le crédit coemprunteur, c’est un prêt signé à deux, souvent avec son conjoint, qui permet de présenter un dossier plus solide et d’augmenter ses chances d’obtenir un accord. Mais ce contrat engage les deux signataires, solidairement, à rembourser la dette. Voici ce qu’il faut savoir pour naviguer entre opportunités et contraintes du crédit partagé.

► Demander deux crédits

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Crédit avec co-emprunteur : quand opter pour cette solution ?

Le crédit coemprunteur consiste à ajouter une seconde personne à une demande de prêt, lui conférant la même responsabilité que l’emprunteur principal. Cette option vise à garantir le remboursement. Plusieurs types de crédits permettent cette démarche :

  • prêt personnel
  • crédit renouvelable
  • prêt auto ou prêt travaux
  • rachat de crédits
  • prêt immobilier

Les organismes de crédit (quelle agence de crédit choisir ?) proposent tous des crédits à la consommation à deux. Pour un prêt immobilier, il faut cependant passer par une banque.

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Qui peut devenir co-emprunteur ?

Selon notre enquête, la majorité des grandes enseignes de crédit réservent le statut de co-emprunteur aux conjoints. Qu’on soit mariés, pacsés ou en concubinage, l’accès à ce type de crédit est ouvert à tous les couples.

Regardons quelques exemples d’agences et leurs conditions d’accès :

Agences de crédit Qui peut être co-emprunteur ?
Cofidis Conjoint
Sofinco Conjoint
Cetelem Conjoint
Younited Crédit Conjoint
Carrefour Banque Conjoint
Banque Casino Conjoint
Franfinance Membre de la famille, ami, etc.

► Comparaison des taux d’organisation

Atouts du crédit coemprunteur

Inclure un coemprunteur dans la demande de crédit à la consommation rassure le prêteur. Les revenus des deux parties sont additionnés, ce qui, dans bien des cas, oriente la décision en faveur du dossier. Le montant empruntable devient plus élevé, et l’accès à un taux compétitif plus facile. Un dossier rejeté en solo peut souvent être accepté à deux.

Couples mariés ou pacsés : ce que la loi prévoit

Le Code civil encadre strictement la solidarité des conjoints concernant les dettes courantes (logement, alimentation, charges, scolarité des enfants). Peu importe le régime matrimonial, ces dépenses engagent les deux membres du couple. La souscription d’un crédit au nom d’un seul n’est pas systématique pour la vie quotidienne, mais peut avoir des conséquences pour l’autre.

Article 220 du Code civil : « Chacun des conjoints peut conclure seul tout contrat visant à l’entretien du ménage ou à l’éducation des enfants. Toute dette contractée de cette manière engage l’autre conjoint solidairement. La solidarité ne s’applique pas aux achats à tempérament ou aux emprunts, sauf s’ils portent sur de petites sommes nécessaires aux besoins courants. »

En pratique, la solidarité des dettes ne s’étend pas aux crédits contractés pour des achats qui ne répondent pas à un besoin du foyer. La plupart des mariages, soumis au régime de la communauté réduite aux acquêts, voient les biens communs comme les dettes partagés, tandis que les engagements personnels restent à la charge de chacun. Un crédit souscrit sans l’accord du conjoint n’engage que la personne concernée. Pour les couples pacsés, la solidarité des dettes liées aux besoins quotidiens s’applique également.

Le cas du concubinage


Demander un crédit à deux en union libre soumet les deux partenaires à la solidarité de la dette.
Si l’un ne peut plus régler sa part (licenciement, maladie, difficultés budgétaires…), l’établissement de crédit peut exiger le remboursement auprès de l’autre.

En dehors du crédit, les concubins n’ont aucune responsabilité financière l’un envers l’autre : revenus, patrimoine et dettes restent séparés. Seule la présence d’enfant(s) impose une contribution commune à l’entretien et l’éducation. Avant de signer un crédit à deux sans lien légal, il vaut mieux bien réfléchir à l’engagement pris.

Crédit à la consommation avec coemprunteur

Prêt auto, travaux, personnel ou crédit renouvelable : toutes ces formules relèvent de la législation sur le crédit à la consommation. Sauf pour l’immobilier, le crédit en ligne simplifie l’obtention d’un prêt à deux. Les simulateurs intègrent directement le coemprunteur, à indiquer dès le début de la demande, qu’il s’agisse d’un conjoint, d’un partenaire pacsé ou d’un concubin. Il suffit de préciser s’il est coemprunteur ou non, comme le montre cet exemple :

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Faire une demande avec un FICP : est-ce possible ?

Impossible d’obtenir un crédit à la consommation à deux si l’un des emprunteurs est fiché au FICP (Fichier national des incidents de remboursement). Le dossier sera systématiquement rejeté. Dans ce cas, seul l’emprunteur non fiché peut déposer une demande. Pour retrouver la possibilité d’emprunter à deux, il faut régulariser la situation, le plus simple reste souvent de solder la dette via un rachat de crédit. Une fois accepté, l’organisme informe la Banque de France, qui procède à la radiation du fichier.

Crédit immobilier avec coemprunteur

Pour acheter un bien à deux, le prêt immobilier en coemprunt est courant. Il permet de renforcer la demande, surtout si les deux candidats travaillent. Comme pour la conso, chacun s’engage à rembourser la totalité si l’autre fait défaut.

Comment sortir d’un crédit coemprunteur ?

Lorsqu’un couple se sépare, il faut parfois mettre fin rapidement au crédit commun. Deux voies principales s’offrent alors :

  • Remboursement anticipé : vendre le bien et solder la dette auprès de l’organisme prêteur.
  • Reprise du crédit par un seul emprunteur : une démarche auprès de la banque est nécessaire. Celle-ci reste libre d’accepter ou non. Le regroupement de crédits permet parfois d’ajuster les mensualités à la nouvelle situation financière.

Reste qu’un crédit partagé laisse rarement indifférent après coup. Rompre le lien du coemprunt, c’est parfois rouvrir la porte à un nouveau départ, ou à une vigilance redoublée, la prochaine fois.

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