Lea et son mari rêvaient de s’installer dans le sud-est. Aujourd’hui, après cinq ans sous le soleil, ils sont retournés dans leur Nord natal. Il parle de son aventure pour everythingchanger.com et nous avertit : « Être heureux ne vient pas dans une région. »
« J’ai découvert ce site un peu par hasard, tandis que je cherchais des témoignages de ceux qui avaient osé changer de région. Je voulais vraiment savoir si s’installer ailleurs pouvait remuer fondamentalement une existence. Je suis tombée sur le récit de Catherine, passionnée par le sud de la France. À mon tour, l’envie de poser ici notre histoire s’est imposée.
Du Nord… J’ai longtemps vécu dans le nord de la France. Chaque été, direction le Var pour retrouver ma tante et respirer la Provence. À chaque séjour, le même coup de foudre : la lumière, les marchés parfumés, l’accent du sud, l’impression d’un décor de carte postale. Depuis toujours, la rengaine d’Aznavour trottait dans ma tête : « la misère serait moins douloureuse au soleil ». Puis la dégringolade de 1996 : mon mari perd son emploi, licenciement économique. De mon côté, je continue à vendre quelques vêtements sur les marchés, mais le coup est dur.
… au Sud Un appel a tout déclenché : ma tante nous propose une petite maison à louer, par l’amie d’enfance qu’elle connaît depuis toujours. À nous de trancher : camper dans le rêve ou tenter le vrai changement ? Tout s’est accéléré. On loue la maison, on organise le déménagement. Et voilà, nous voilà dans le sud. Le début, c’est la carte postale : ciel bleu, paysages splendides, émerveillement chaque matin. Même avec peu, la sensation de vivre quelque chose de rare. La simplicité quotidienne, presque de la gratitude à revendre. Cette première année file à toute vitesse.
Retour à la case départ
Le bonheur en soi La suite ? Les difficultés n’ont pas mis longtemps à pointer. S’intégrer sur les marchés l’été n’a rien d’évident, on découvre des mentalités nouvelles, une vie bien plus chère, la concurrence acharnée. L’envers du décor se dévoile : quelques tensions, coups bas, une entraide pas toujours au rendez-vous. Cinq ans à tenir, à résister par volonté d’aller au bout, pour ne pas rester sur un goût d’inachevé. Mais il a fallu le reconnaître : cette région, si idéalisée, ne nous a pas offert ce qu’on y attendait. Les cartons ont donc repris le chemin du Nord, notre point de départ.
Depuis, j’ai réalisé que le soleil ne colle pas le bonheur à la peau. Imaginer qu’une région contiendrait la recette du bonheur relève d’un doux mirage. La vie de vacances et la vie de tous les jours, ce n’est pas le même film : les tracas remontent, parfois juste sous un autre masque. Les « heureux-nés quelque part », ils ne sont pas légion. La satisfaction profonde réclame un vrai travail sur soi. Elle ne tombe pas du ciel au gré d’un déménagement, ni d’une espérance d’accueil universel. Avant de basculer toute sa vie, il vaut mieux creuser vraiment ses propres motivations. C’est la meilleure façon de ne pas déchanter trop brutalement.
Le rêve continue
Revenus dans notre région, nous avons retrouvé tant d’attaches et un équilibre qui avait manqué. Peut-être qu’un jour, l’envie de repartir pointera de nouveau, mais cette fois avec moins d’illusions. Mieux vaut garder le rêve vivant que de vouloir l’ancrer de force. Aujourd’hui, choisir la prochaine destination de vacances n’a jamais été aussi simple : la France ne manque pas de souvenirs dans nos bagages. Cette expérience nous a profondément marqués ; l’idée d’un endroit fait pour soi n’a jamais totalement quitté mon esprit. Et puis, peut-être que garder cette conviction d’une région où il ferait bon vivre aide à supporter la monotonie qui ronge certains jours. Les plateformes d’échange, les discussions ouvertes, tout cela alimente des pistes, parfois même des solutions à nos propres doutes. »
Vous aussi, comme Leah, confiez-nous votre vécu, vos succès ou vos questions de parcours. Partagez votre expérience en écrivant ou en commentant ci-dessous. Chacun trace sa route, et chacun entretient sa part de rêve. Quand il s’agit de tourner la page ou simplement d’oser changer d’horizon, il reste toujours un nouveau départ pour qui veut y croire.

